Fatal Frame II : Crimson Butterfly - Remake est un
survival horror développé par la Team Ninja, sorti le
12 mars 2026 sur
PC/XBOX Series/PS5/
Switch 2.
Un petit détour par l'historique de la série s'impose, puisqu'il s’agit ici du remake du deuxième épisode de
Project Zero — connu sous le nom de
Zero au Japon et de
Fatal Frame en Amérique du Nord. Étrangement, ce remake adopte le titre américain
Fatal Frame, celui qui s'éloigne le plus du sens du titre japonais. Un choix surprenant quand on sait que la série était jusque-là commercialisée en France sous le nom
Project Zero.
La série compte au total cinq épisodes, tous indépendants sur le plan narratif. Il est donc tout à fait possible de les découvrir dans l'ordre de son choix sans risquer de perdre le fil de l’histoire.
Les trois premiers volets sont initialement sortis sur PS2 (XBOX pour les deux premiers) au début des années 2000. Le deuxième épisode a ensuite bénéficié d'une adaptation sur Wii quelques années plus tard. De son côté, le quatrième opus est longtemps resté une exclusivité Wii cantonnée au Japon avant d'être finalement porté sur les consoles modernes. Le cinquième épisode a connu un parcours similaire : d'abord lancé sur Wii U, il a lui aussi fini par revenir sur les plateformes actuelles.
Avec ce remake du deuxième volet, l'objectif est clair : remettre
Project Zero sur le devant de la scène en modernisant ce qui est encore aujourd'hui considéré par beaucoup comme le meilleur épisode de la saga.
Mio et Mayu Amakura retournent une dernière fois dans la forêt de Minakami, là où elles ont passé une partie de leur enfance. Mais ce qui devait être une simple visite nostalgique tourne rapidement au cauchemar : perdues dans la forêt, les deux sœurs se retrouvent piégées dans un village abandonné, rongé par une malédiction et hanté par d'innombrables esprits. Leur seule défense face à ces apparitions : un appareil photo aux pouvoirs surnaturels, la fameuse Camera Obscura.

Dès les premières minutes, ce remake impose sa refonte graphique, particulièrement soignée. Les maisons en ruine du village gagnent en détail et en atmosphère, tandis que les héroïnes profitent de modèles retravaillés. Mais c’est surtout l’ambiance qui fait mouche : quasi aucune musique, seulement les bruits nocturnes et les plaintes des esprits. Un silence oppressant qui fonctionne à merveille. La végétation renforce cette tension, entre herbes hautes qui limitent la visibilité et forêt dense, hostile, presque infranchissable. Exit les caméras fixes de l'époque PS2 : ce remake adopte une vue à la troisième personne, plus rapprochée — déjà introduite dans la version Wii — qui renforce nettement l'immersion. Un gain toutefois tempéré par la présence d'un HUD non masquable.

Côté gameplay, ce remake enrichit la formule sans pour autant la révolutionner. On reste face à un survival horror volontairement lent à base d'allers/retours, rythmé par l'exploration, la collecte de clés et la résolution d’énigmes. Quelques ajouts viennent toutefois moderniser l'ensemble. Parmi eux, la chasse aux poupées jumelles — clin d'œil à la jaquette originale — dont 47 exemplaires sont disséminés dans le village. À cela s'ajoute, comme le veut la tradition, une multitude de notes à récupérer pour reconstituer les événements tragiques ayant frappé les lieux. Les affrontements, eux, gagnent légèrement en souplesse. Mio peut désormais esquiver au bon moment et retirer sa main lorsqu'un esprit tente de l'agripper pendant une interaction. Lors des séquences avec sa sœur, il est également possible de lui tenir la main afin de régénérer progressivement sa santé. Mais la principale évolution vient de la Camera Obscura, véritable pierre angulaire du gameplay. Il est désormais possible d'y équiper jusqu’à quatre filtres, principalement dédiés à l'exploration : suivre les traces spirituelles, révéler des passages cachés, déverrouiller certains éléments scellés… sans oublier le filtre de base, indispensable en combat. Car comme toujours, les affrontements reposent sur un principe simple mais efficace : capturer les esprits au moment le plus opportun pour infliger un maximum de dégâts. L'appareil peut être amélioré grâce à des pierres spirituelles, tandis que différents types de pellicules offrent des bonus non négligeables. Un système de talismans vient également compléter cet arsenal en renforçant les capacités offensives. À noter que, avant une mise à jour post-lancement, les combats pouvaient se montrer frustrants, notamment en raison de leur longueur et de dégâts trop faibles, aggravés par des ennemis passant trop fréquemment en état renforcé. Enfin, le titre mise sur une rejouabilité solide avec pas moins de cinq fins différentes. Le New Game+ permet quant à lui de relancer l’aventure en difficulté « Cauchemar », avec l'ensemble des améliorations débloquées, ainsi qu’une sixième fin à la clé.

Malgré quelques défauts techniques, difficile de bouder son plaisir face à ce remake. La refonte graphique et les ajouts de gameplay modernisent intelligemment l'expérience, sans trahir l'essence de l'original. On regrettera des temps de chargement parfois pénalisants et un HUD non masquable qui nuit à l'immersion, mais rien qui ne vienne réellement gâcher l'ensemble. Fatal Frame reste une valeur sûre du
survival horror, toujours porté par une ambiance unique et un rythme à contre-courant des standards actuels. Une (re)découverte chaudement recommandée.